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Aménager son territoire
pour l'accueil du petit gibier

Haies, cultures à gibier, points d'eau, abris : quelques aménagements suffisent à rendre votre territoire plus accueillant. Retrouvez ici les conseils pratiques pour agir, à votre échelle, en faveur du gibier et de la biodiversité.

Pourquoi aménager ?

Un territoire vivant, une
responsabilité partagée

En quelques décennies, nos plaines ont profondément changé : parcelles agrandies, haies arrachées, bords de champs réduits, récoltes plus précoces.

La petite faune y a perdu ses abris, ses sites de nidification et sa nourriture, notamment les insectes indispensables aux jeunes perdreaux. Perdrix grise, lièvre, alouette ou bruant en paient le prix.

Le chasseur, acteur du territoire

Présent toute l'année sur son territoire et en lien direct avec les agriculteurs et les propriétaires, le chasseur est bien placé pour inverser la tendance. Une haie, une bande fleurie ou une mare profitent au gibier, mais aussi aux pollinisateurs, aux oiseaux, aux auxiliaires de culture, et protègent les sols contre l'érosion.

La forêt n'est pas en reste : lisières étagées, clairières et gagnages améliorent la capacité d'accueil du milieu et contribuent à l'équilibre forêt-gibier.

Aménager son habitat n'a rien à voir avec le nourrissage artificiel du gibier, qui est strictement encadré en Wallonie. Il s'agit de rendre au milieu sa capacité naturelle à accueillir la faune.

Un partenariat essentiel

Chasseurs et agriculteurs

La plupart des surfaces de plaine sont exploitées par des agriculteurs. Ce sont eux qui s'engagent dans les méthodes agro-environnementales et climatiques (MAEC) et qui perçoivent les aides correspondantes.

Le chasseur peut jouer le rôle de moteur du projet : proposer des aménagements, participer au choix des emplacements, prendre en charge une partie des semences ou de l'entretien, et assurer le suivi de la faune. Pour les agriculteurs, l'ASBL Natagriwal fournit gratuitement des conseils techniques.

 Aménagement

Améliorer la capacité d'accueil de vos habitats

Haies, bandes fleuries, points d'eau : voici les aménagements les plus utiles, la manière de les mettre en place et les aides disponibles.

Quels aménagements réaliser en plaine ?

Pour s'installer et se reproduire, la petite faune de plaine a besoin de trois choses à proximité les unes des autres : un abri, de la nourriture et un lieu de nidification. Des aménagements simples, bien répartis sur le territoire, suffisent souvent à les lui offrir. Voici les plus efficaces.

  • Haies vives et bosquets : abri, lieu de nidification, corridor de déplacement. Privilégiez des essences indigènes variées.
  • Bandes et parcelles aménagées : couverts mixtes (céréales, légumineuses, fleurs) qui offrent à la fois gîte et nourriture.
  • Tournières enherbées : bandes herbeuses en bordure de champ, qui servent de zone de nidification et de refuge.
  • Céréales laissées sur pied : une source de nourriture pour l'hiver.
  • Jachères (dont jachères mellifères) : riches en insectes au printemps et en été.
  • Mares et points d'eau : utiles à toute la faune, surtout en période sèche.
Comment s'y prendre concrètement ?

Un aménagement réussi se prépare. Il faut bien connaître son territoire, travailler avec les personnes qui l'exploitent et intervenir au bon moment de l'année. Quelques étapes simples permettent d'éviter les erreurs et de s'assurer que les efforts profitent réellement à la faune.

  • Observer : repérer ce qui manque sur le territoire (abris, nourriture, eau) et les zones fréquentées par la faune.
  • Obtenir l'accord du propriétaire et de l'exploitant avant toute intervention.
  • Choisir des espèces indigènes, adaptées au sol et à la région.
  • Respecter le calendrier : plantations de novembre à mars, pas de taille ni de fauche pendant la période de nidification (avril à fin juillet).
  • Se renseigner auprès de la commune avant de creuser une mare : une modification du relief du sol peut nécessiter une autorisation.
  • Suivre les résultats grâce aux comptages, en lien avec votre conseil cynégétique. Pour la perdrix grise, le plan de gestion introduit par le conseil cynégétique doit d'ailleurs décrire les mesures favorables à l'espèce.
Subsides disponibles : MAEC et aménagements cynégétiques

Plusieurs aides publiques peuvent financer tout ou partie de vos aménagements. Certaines sont réservées aux agriculteurs, d'autres sont ouvertes aux particuliers. Le chasseur a donc tout intérêt à monter ses projets avec l'exploitant des terres, pour que chacun y trouve son compte. Voici les principaux dispositifs en Wallonie.

  • En zone agricole :

    • les MAEC, réservées aux agriculteurs : par exemple la MC7 « Parcelle aménagée », dont une variante faune, à 1 800 €/ha/an (avis Natagriwal obligatoire), ainsi que la tournière enherbée (MB5) et les céréales sur pied (MB12) ;
    • l'éco-régime « Maillage écologique », qui rémunère les haies, arbres, mares et jachères.
  • Haies, vergers et alignements d'arbres (Yes We Plant, hors zone forestière) :

    • haie vive : 5 à 9 €/m ;
    • alignement d'arbres : 6 €/arbre ;
    • verger : 25 €/arbre ;
    • majoration de 50 % si les travaux sont réalisés par un entrepreneur.
  • En forêt privée : la Région wallonne a soutenu la régénération via les appels à projets « Forêt résiliente », qui finançaient notamment la création de lisières de 10 à 20 m à 3 000 €/ha. La dernière échéance que j'ai trouvée date de 2024 : renseignez-vous auprès de votre cantonnement du DNF pour savoir si un appel est ouvert en 2026.
  • Conseils
Pour chaque gestionnaire de territoire

10 bons réflexes pour aménager

Pas besoin de grands travaux pour améliorer l'accueil de la faune. Ce sont souvent des gestes simples, répétés et bien pensés qui font la différence sur le terrain.

01

Je conserve les haies, arbres, buissons et bosquets existants : ce sont les refuges les plus précieux et les plus longs à reconstituer.

02

Je fais un état des lieux de mon territoire pour repérer ce qui manque à la faune : abris, nourriture, points d'eau.

03

J'associe dès le départ l'agriculteur, le propriétaire ou le gestionnaire forestier à mes projets d'aménagement.

04

Je plante des essences indigènes et variées, adaptées au sol et à la région.

05

Je ne taille pas et ne fauche pas pendant la période de nidification, d'avril à fin juillet.

06

Je laisse des bords de champs et de chemins non fauchés comme zones de refuge et de nidification.

07

Je varie les couverts et les répartis sur l'ensemble du territoire plutôt que de les concentrer en un seul endroit.

08

Je veille à la présence de points d'eau, surtout en période sèche.

09

Je me renseigne sur les aides disponibles (MAEC, Yes We Plant…) et sur les autorisations nécessaires avant d'agir.

10

Je suis l'effet de mes actions grâce aux comptages, en lien avec mon conseil cynégétique.

Charte belge 2024

Les chasseurs s'engagent

Signée par les dix associations représentatives des chasseurs belges. Volet « Pour l'environnement et la faune sauvage ».

13
À découvrir

Voir les 13 engagements du chasseur

Je contribue à l'amélioration de la capacité d'accueil des habitats pour la faune sauvage.
Je veille à l'équilibre forêt, gibier, plaine.
Avant de tirer, j'observe et identifie l'animal en détail et ne tire que lorsque je suis sûr de mon fait.
Je m'applique à éviter la souffrance des animaux.
Je m'entraîne régulièrement afin de garantir ma précision au tir.
J'organise la recherche de tout gibier blessé à l'aide d'un chien dûment formé.
Dans la mesure du possible, je valorise le gibier que je tire.
Je prône la qualité plutôt que la quantité.
Je respecte le gibier tué : sans triomphalisme, sans indifférence.
Je réintroduis du petit gibier avec des souches saines et en harmonie avec la capacité d'accueil du territoire.
Je m'interdis le nourrissage excessif et la concentration artificielle de gibiers.
Je régule les espèces non indigènes envahissantes.
Je réponds aux demandes des agriculteurs et forestiers de régulation de certaines espèces surdensitaires.
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Ensemble, défendons la la chasse au petit gibier

Nous représentons les chasseurs de petit gibier et défendons une chasse durable auprès des autorités. Plans de gestion de la perdrix grise, évolution des règlements : nous suivons chaque dossier de près pour faire entendre votre voix. Rejoignez-nous.

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